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Regional Report for Quebec - Thibaut Millet
Originally Published in
August / October 2007 Issue
Français
Le bilan de l’exploitation du
saumon atlantique publié par Ressources Naturelles et
Faune Québec pour la saison 2006 révèle ce que savaient
déjà ceux qui ont passé du temps au bord de l’eau la saison
dernière : 2006 fut une saison moyenne à tout point de vue, ni
plus, ni moins. Moyenne, car le nombre des captures semblent
être stable d’une région à l’autre, par rapport aux 6 ou 7
dernières années. En Gaspésie, sur la Rive Nord du
Saint-Laurent, à Anticosti comme en Ungava, l’effort de pêche
(compté en journées de pêche) ainsi que le taux de succès
(moyenne des captures par jour) semblent se stabiliser aux
niveaux connus ces dernières années. En ces temps
d’incertitude écologique croissante, il est tout de même
rassurant de ne pas constater de baisse dramatique ou
d’hécatombe particulière. Mais en réalité, lorsque l’on
regarde la tendance historique à plus long terme, on se rend
compte facilement qu’on ne connaît plus aujourd’hui les
nombres de captures et les taux de succès d’il y a 15 ou 20
ans. Alors qu’il y a une vingtaine d’année (autour de
1986-1987) on prenait à la ligne 16 000 ou 17 000 saumons pour
environ 55 000 journées de pêche, on en prend aujourd’hui à
peu près la moitié (grosso-modo 7 000 et 8 000 saumons en 2006
et 2007), et ce, avec un effort de pêche équivalent (environ
56 000 journées). Résultat : le taux de succès est divisé par
deux. Alors qu’il tournait autour de 0,3 saumons par journée
de pêche il y a une vingtaine d’année, il s’est inexorablement
réduit de moitié au fil des ans pour atteindre 0,14 pour la
saison 2006. Autrement dit, on prenait en moyenne un saumon en
trois jours de pêche il y a 20 ans, alors qu’aujourd’hui, il
faut compter 6 ou 7 jours de pêche en moyenne pour espérer en
capturer un. Évidemment, ces statistiques à haut niveau ne
sont pas représentatives des conditions de pêche tout au long
de la saison, et des particularités de chaque rivière, mais
elles incitent tout de même à redoubler d’efforts en faveur de
la conservation du roi saumon, espèce emblématique de la pêche
sportive. À commencer par la graciation des prises par les
pêcheurs sportifs qui ont la chance de capturer un (ou des)
saumon(s). On ne le dira jamais assez, mais force est de
constater que l’évolution des mentalités des pêcheurs
québécois se fait plus lentement que chez bon nombre de leurs
confrères étrangers. En principe, je n’ai rien contre le fait
de conserver et manger un poisson sauvage de temps en temps.
Mais lorsque j’entends parler de pêcheurs qui en sont à leur
énième saumon de la saison capturé et tué (ou truite de mer,
d’ailleurs), la moutarde ne tarde généralement pas à me monter
au nez. La remise à l’eau est une technique efficace de
préservation des populations de poissons sauvages affaiblies,
comme la plupart des remontées de saumon dans la province –
point final. Alors, de grâce, un petit effort pour la saison
2007, qui s’annonce par ailleurs sous les meilleurs auspices.
Les niveaux d’eau semblent généralement favorables, en raison
de chutes de neige tardives et de pluies printanières assez
abondantes dans de nombreuses régions de la belle province.
Pour ces
raisons, le début de la saison ne fut pas particulièrement
précoce, surtout pour les pêcheurs de truites en rivière, mais
les niveaux d’eaux favorables devraient garantir de bonnes
conditions de pêche en rivière jusqu’au beau milieu de l’été,
si la tendance se maintenait. C’est tout le mal que l’on
puisse souhaiter aux poissons… et aux pêcheurs!
English
The official Atlantic salmon fishing statistics published by
Ressources Naturelles et Faune Québec for
the 2006 season reveals what anglers who spent time on the
water last season already knew: 2006 was just an average
season in many respects. Average, because the total number of
salmon caught seems somewhat stable for all regions, in
comparison with the last six or seven years. In the Gaspé, on
the Saint-Laurence North Shore, in Anticosti as in the Ungava,
the total fishing effort (number of angling days) as well as
the success rate (average number of salmon caught per day)
seems to have stabilized at levels comparable to the most
recent years. In today’s context of rising ecological
uncertainty, it is reassuring not to see any major decline or
collapse of wild Atlantic salmon stocks.
However, the
historical longer term trend clearly demonstrates that today’s
angling catch and success rates pale in comparison with those
observed 15 or 20 years ago. In 1986-1987, anglers were
catching somewhere between 16,000 to 17,000 Atlantics in about
55,000 angling days. Today, they catch about half that
(between 7,000 and 8,000 salmon in 2006 and 2007), while
spending roughly the same time on the water (about 56,000
days). The outcome is that the overall success rate has been
halved in just over 20 years. From an average of 0.3 salmon
per day two decades ago, it gradually slipped over the years
to 0.14 for 2006. In other words, while it took about three
days to catch a salmon 20 years ago, it now takes six or seven
days on average.
Obviously,
such statistics do not reflect the evolution of fishing
conditions throughout the season; neither do they draw an
accurate picture of each specific river. However, they do
point to the ever increasing importance of conservation
efforts for the emblematic Atlantic salmon. For anglers, this
should start by practicing more live release of the salmon
they are lucky enough to catch. It can never be emphasized
enough, but the reality is that the evolution of anglers’
mentality is slower among anglers from Quebec than
out-of-province of foreign counterparts. In principle, I have
nothing against killing and eating wild fish on occasions.
However, I am invariably irritated to hear about anglers who
have caught and killed a number of salmon (or migratory brook
trout) over the season. Catch-and-release is an effective
management tool to preserve weakened stocks of wild fish, like
most salmon runs of the province are—period. So please, do
your part during the upcoming 2007 season, which, by the way,
seems to be very promising. Water levels were favorable at the
beginning of the season, thanks to late snowfall and abundant
spring rains in many parts of the province.
For the
same reasons, we did not have an especially early start of the
trout fishing seasons in streams and rivers, but good water
levels may help to extend good fishing conditions well into
the summer, should that trend continue. Let’s just hope this
will be the case, for the benefits of fish and anglers alike!
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